Cinquième enchaînement
(le pacte)

Nous allons poursuivre dans cette veine satanique du spiritisme en abordant la question du pacte avec le diable.

Car comme Loïc l'a prétendu, il faudrait être bourreau pour ne pas être victime; la solution serait alors de s'acoquiner avec le diable pour avoir une "bonne place" en enfer.

Jean-Yves, tu te rappelleras à ce sujet m'avoir parlé d'une séance au cours de laquelle l'esprit, désormais identifié par les lettres S.A.T.A.N., t'avait proposé, comme charge en enfer, une place de... balayeur!

Quelle raillerie pleine de haine! Quelle insolente forfaiture!

L'homme mérite le respect et l'amour. En chaque être humain, nous sommes invités à reconnaître l'image de notre Créateur, auteur de toute bonté, visage de la beauté.

Qu'il n'injurie pas Dieu à travers Ses enfants celui qui se consume de haine et d'orgueil!

Comme nous l'avons vu, il n'y a pas de fatalité de l'enfer. A ce moment là, Jean-Yves, tu ne le comprenais pas. La peur t'a poussé à signer un pacte.

Je te demande pardon de te rappeler ces choses désagréables mais il me faut t'expliquer quelle est la clef de ta délivrance.

Je n'évoquerai cependant pas les termes de ton pacte dont tu m'as révélé la teneur. Nous tairons à jamais cela; de toute manière, cette dédicace impie est partie en fumée. Un feu purificateur l'a réduite à néant.

Mais comme tu me l'as chuchoté, tu restais dans la peur de l'efficacité du lien que tu avais noué avec l'ennemi de l'homme. Tu pensais que ce pacte était irrémé.. diable!

Alors que tu ne voyais plus l'intérêt de ce pacte, tu étais tout à coup devenu inquiet quant à l'issu de cet enchaînement. Une question revenait: comment briser le pacte?

La solution existe. Elle est simple et des plus efficaces. Comme je te l'ai dit: Le sacrement de réconciliation suffit à briser le pacte.

"Heureux qui est absout de son péché, acquitté de sa faute!" (Psaume 32).

Ce à quoi, tu m'avais répondu que tu irais voir un prêtre pour te confesser auprès de lui, et recevoir la délivrance par le pouvoir des clefs qu'il a reçu du Christ: ""En vérité je vous le dis: tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié"" (Saint Matthieu, 18.18).

Je crains que ton intention ne soit morte avec le temps...

Peut-être n'en ressens-tu plus le besoin?

Saches cependant, que si tu désires entrer en dialogue avec Dieu, le meilleur moyen d'accueillir Sa grâce est de recevoir, dans ton cas, le sacrement de la réconciliation. Car entre Dieu et toi, il y a ton péché qui te sépare de Dieu.

Et "ne dis pas: "C'est le Seigneur qui m'a fait pécher", car il ne fait pas ce qu'il a en horreur" (Ecclésiastique, 15.11).

Par contre, Son Pardon t'est toujours offert: "Jetons nous dans les bras du Seigneur et non dans ceux des hommes, car telle est sa majesté, telle aussi sa miséricorde" (Ecclésiastique, 2.18).

Pour illustrer notre propos, je vais maintenant te raconter l'histoire de Gilles de Santarem -4-:

Gilles, qui vivaient au XIII° siècle au Portugal, fit un pacte avec le diable à qui il vendit son âme en échange des plaisirs et des honneurs terrestres.

Gilles ne fut guère avisé en cette matière car ce qu'il demandait au diable au prix de son âme, il pouvait tout à fait l'obtenir par l'élévation de son rang, par ses talents et par sa propre volonté : car il était le fils de Don Rodrigue de Vagliaditos, gouverneur de Coïmbre sous le règne de Sanche Ier, roi du Portugal.

Pourvu de réelles aptitudes pour les sciences et de revenus non négligeables, Gilles avait d'ors et déjà la gloire pour compagne de ses jours futurs. Malgré ou à cause de cela, il signa de son sang la cédule rédigée en accord avec le diable!

Après quoi, Gilles se laissa aller à une vie de débauche...

Un jour que Gilles invoquait Marie dans l'agitation de son âme angoissée et malheureuse, il lui vint le désir de revenir à Dieu.

Pour ce faire, Gilles alla chercher un prêtre pour se confesser. Il lui raconta tout et il pleura abondamment. "Qui masque ses fautes n'y réussira point; qui les avouant, y renonce, obtiendra merci" (Les Proverbes, 28.13). Le prêtre lui donna l'absolution et Gilles reçu le pardon du Christ. Le pacte était brisé.

Par la suite, Gilles devint lui-même prêtre et il fut un confesseur avisé et plein de bienveillance.

Le Pape Benoît XIV a béatifié Gilles en 1748. Il existe encore aujourd'hui au Portugal une grande dévotion pour Gilles de Santarem; dévotion que je partage avec joie. Deo et tibi gratias.

Pourquoi la signature de ton sang? Pourquoi le sang?

En signant le pacte, c'est ta vie que tu donnais au diable. Et comment perd-on sa vie, si ce n'est en répandant son sang?!

"Car la vie de toute chair, c'est son sang" (Lévitique, 17.14).

Depuis que l'homme s'est fait pécheur en suivant le diable -5-, l'homme est devenu l'esclave de son ennemi: le diable qui veut notre mort. "Vous avez pour père le diable et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Dès l'origine ce fut un homicide" (Saint Jean, 8.44).

Malgré cela, Dieu ne nous a pas abandonné au pouvoir du diable. Il a envoyé Son Fils unique Jésus-Christ nous sauver en nous arrachant aux griffes de l'ennemi de l'homme.

Qu'a demandé le diable au Christ, venu nous sauver? il a exigé, en rançon de nos vies, Son sang. Et c'est sur la croix que le Christ a répandu Son sang pour nous.

Dieu l'avait annoncé: "Oui, la vie de la chair est dans le sang. Ce sang je vous l'ai donné, moi, pour faire sur l'autel le rite d'expiation pour vos vies, car c' est le sang qui expie par la vie qui est en lui" (Lévitique, 17.11). Le Christ par Son sacrifice, expie pour toutes les vies.

Le Christ, tel l'agneau sans tache, innocent, a été conduit a l'abattoir. Victime expiatoire de nos crimes qui nous asservissaient au pouvoir de satan, Il s'est livré pour nous. Sa toison immaculée fut écarlate de Son précieux sang: "Alors j'aperçus, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Vieillards, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre. Et l'Agneau s'en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône. Quand il l'eut pris, les quatre Vivants se prosternèrent devant l'Agneau, ainsi que les vingt-quatre Vieillards tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, les prières des saints; ils chantaient un cantique nouveau: "Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toutes races, langues, peuples et nations"" (Apocalypse, 5. 6-9).

Le Christ est l'Agneau de Dieu:

"Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous.

Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous.

Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, donne nous la paix"

Les hommes n'appartiennent plus au diable. il a été vaincu par la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Il n'y a plus de pacte qui tienne face au sacrifice du Christ qui nous a libéré pour toujours. Aussi, comme Saint Paul nous en adjure: "ne vous remettez pas sous le joug de l'esclavage" (Epître aux Galates, 5.1).

Par l'Esprit Saint, en Jésus-Christ, nous sommes devenus enfants de Dieu; Dieu que nous pouvons avec confiance appelé Père: "aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclave pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: "Abba! Père!" L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers" (Épître aux Romains, 8. 15-17).

Et quel héritage! Nous sommes invités à participer à la divinité du Christ: "Puissions nous un jour participer à la divinité de Celui qui a partagé notre humanité" comme il est dit dans la Sainte Liturgie.

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