Arthur Rimbaud et la déesse voilée

 Le livre les enlumineurs de cauchemars

existe en format papier

aux éditions Docteur Angélique
au format ebook

chez Hypallage Editions


 

Il n’est pas, parmi les enlumineurs de cauchemars dénoncés dans cette étude, de plus illustre illustrateur de cette mystique douteuse que Rimbaud, de plus emblématique représentant qu’Arthur Rimbaud. Sa création la plus extraordinaire, tant sur le fond que sur la forme, reste et demeure les Illuminations. Titre quasi éponyme à celui de notre travail. Expliquons-nous :

Le titre même de ce délire poétique en prose, si peu informel malgré les apparences, concentre à lui seul toute notre problématique au sujet des lumières reçues et perçues par le « Voyant ». Sémantiquement, les Illuminations recoupent plusieurs acceptions, et les gloses, sur le seul titre, sont nombreuses : « La signification même du titre demeure incertaine. Selon Verlaine, « le mot Illuminations est anglais et veut dire gravures coloriées – coloured plates » (La Vogue, 1886). Mais en 1876 il parlait de « painted plates ». Enluminures, planches en couleurs, textes illuminés, visions d’un illuminé… : à supposer que le titre soit bien à mettre au crédit de Rimbaud, peut-être l’a-t-il choisi justement pour son incertitude, pour les flottements de sens qu’il autorise » (Pascaline Mourier-Casile, Arthur Rimbaud : des Ardennes au désert, Pocket, 2006). Quant à la lettre du texte… nous ajouterons à l’édifice de l’intelligibilité de l’œuvre notre côte part d’interprétation ultérieurement. Mais en attendant, concentrons-nous sur le titre.

Lorsque nous avons choisi, dès le départ de cette étude, ce titre d’Enlumineurs de cauchemars, nous ne pensions pas particulièrement à Rimbaud, et encore moins aux Illuminations. Nous eussions plutôt, si nous avions alors retenu son œuvre pour l’incorporer à notre « chasse spirituelle », porté nos regards vers Une saison en enfer, où le poète dédicace à ce « cher Satan », « ces quelques hideux feuillets de [son] carnet de damné ». Cette fréquentation de l’ange déchu eut été pour notre enquête un point de départ d’évidence, et ce de l’aveu même du poète. Toutefois, ce ne sera pas d’Une saison en enfer que nous tirerons la preuve irréfutable qui fondera notre démonstration. Les Illuminations donneront cette lumière, cette triste lumière. Leur titre impose que nous leurs prêtions toute notre attention. Et sa parenté de sens avec notre propre titre d’ouvrage nous encourage à fouiller dans cette voie.